INFIRMIERS ET ÉPILATION À LA LUMIÈRE PULSÉE / INTENSE (IPL) ET AU LASER NON THÉRAPEUTIQUE : UNE POSITION ORDINALE À PRENDRE EN COMPTE

Le rythme des évolutions réglementaires dans le domaine de l’épilation à la lumière pulsée/intense (IPL) et au laser non thérapeutique, notamment le décret n°2024-470 du 24 mai 2024 et l’arrêté du [à préciser], venus instaurer la possibilité pour les infirmiers diplômés d’État (IDE) de réaliser ces actes d’épilation non thérapeutiques, appelle plusieurs précisions importantes.
La position du Conseil national de l’Ordre des infirmiers (ONI), publiée en juin dernier[1], apporte des clarifications essentielles quant aux obligations des IDE et des structures concernées.
Tableau récapitulatif :
Formation | L’arrêté du 19 février 2025 définit les modalités de formation obligatoire pour la réalisation de ces actes. L’infirmier souhaitant pratiquer doit : - avoir suivi une formation initiale appropriée. - bénéficier de mises à jour régulières - pouvoir justifier de cette formation. (attestation affichée, dossier à disposition). |
Affichage et communication à l’Ordre | L’ONI recommande que : - l’attestation de formation soit affichée au sein du lieu d’exercice de l’IDE, de manière lisible pour le consommateur ; - l’attestation soit transmise au CDOI d’appartenance de l’infirmier |
Information préalable du client / consentement éclairé | Avant la réalisation de l’acte, l’infirmier ou la structure doit remettre une fiche d’information, rédigée dans des termes « compréhensibles du public », datée et signée au client, et en conserver la copie pendant une durée de trois ans, comportant notamment : « […] - les catégories de consommateurs exclues de l’utilisation du dispositif ou qui nécessitent des conditions particulières d’utilisation ; - la description des performances attendues du dispositif ; - la description des risques, de manière claire et aisément compréhensible, pour que le consommateur puisse donner un consentement éclairé ; - le fait que les professionnels ont reçu une formation appropriée sur les conditions d’utilisation en toute sécurité du dispositif ; - la recommandation de se soumettre à une consultation médicale comprenant un examen diagnostique des zones de peau à traiter avant toute première prestation ; - les contres-indications, la recommandation de consulteer un médecin en cas de doute sur la survenue d’une contre-indication au cours d’une prestation d’épilation ; - l’obligation de porter une protection oculaire appropriée pendant la séance ; - le moment et la manière de signaler les effets secondaires indésirables éventuels » L’ONI précise également que l’infirmier doit également afficher un avertissement à destination du public mentionnant : - les risques pour la santé liés à l’exposition aux rayonnements ; - les contre-indications d’une épilation à la lumière pulsée intense ou au laser à visée non thérapeutique, ainsi que la recommandation de solliciter un avis médical ; - les recommandations d’utilisation d’une protection oculaire répondant aux normes de sécurité ; - la recommandation de déclarer tout événement indésirable survenu au cours ou après un acte d’épilation.
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Publicité, terminologie et image professionnelle | Le CNOI insiste sur le fait que les infirmiers ne peuvent pas se présenter ni être désignés comme “infirmier esthétique” ou “infirmier lasériste”, ces appellations étant trompeuses et incompatibles avec le Code de déontologie
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Formalisation de l’exercice par un contrat écrit | Le CNOI rappelle que l’exercice d’actes d’épilation à visées non thérapeutique doit faire l’obet d’un contrat écrit soumis à l’Ordre à l’instar de tout exercice de la profession |
Locaux | Le CNOI rappelle enfin : - La règle du non-partage des locaux avec des professionnels non soumis à une déontologie ; - La prohibition de l’exercice de la profession comme un commerce ; - le strict encadrement des règles de communication et de publicité. |
En d’autres termes, l’ouverture de la pratique de l’épilation à la lumière pulsée/intense et au laser non thérapeutique aux infirmiers représente une avancée mais aussi un enjeu de sécurité juridique important.
En tant qu’IDE, il est essentiel de respecter scrupuleusement les dimensions de compétence, d’information, de traçabilité et de sécurité décrites par le CNOI et la réglementation sous peine d’engager sa responsabilité et manquer aux obligations déontologiques incombants aux infirmiers.
Une fois n’est pas coutume, vigilance est maître-mot !





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